Chronique : Percy Jackson et les Dieux Grecs

Quand un éditeur new-yorkais m’a demandé d’écrire un livre sur les dieux grecs, je lui ai d’abord répondu : « Ce serait possible de le publier anonymement ? Sinon, les Olympiens seront encore furieux contre moi… »

Rick Riordan

On retrouve dans ce livre Percy (que l’on ne présente plus) en tant que narrateur cette fois non d’une de ses merveilleuses aventures mais sa propre famille (paternelle s’entend). Il nous implique donc ici dans le récit de la création de l’univers et sa mise en ordre avant de nous présenter chacun des 12 Olympiens (avec des bonus bien entendu). La création du monde (ou le Kosmos, ne me remerciez pas) ne s’est pas faite en un jour, loin de là. Chaos crée, entre autres, Gaia qui donne naissance à Ouranos, son égal pour tromper l’ennui. Il décide alors de s’unir à elle pour donner naissance d’abord aux 12 Titans et Titanides, puis aux 3 premiers Cyclopes et aux 3 Hécatonchires qu’il balance au Tartare, un endroit déjà pas très cool à l’époque. A la demande ce sa mère, Chronos décide de renverser son père (et l’émascule, chouette !) Qui lui prédit une fin semblable. Ayant d’abord décidé de rester seul avant d’avaler ses enfants avec sa soeur Rhéa (ne faites pas attention, par pitié, c’est normal pour eux) qui refusa de lui livrer son petit dernier, Zeus. En grandissant, il libère sa fratrie coincée au sein de leur père. En s’alliant avec les derniers enfants de Gaia, il récupéra le trône et induit un mode merveilleux sous son règne. Enfin, presque…

Comme vous vous en doutez, les mythes grecs sont pleinement présents au sein de cet ouvrage et permet de nous les raconter de nouveau. il s’inscrit donc pleinement dans le genre fantastique de prédilection de notre Rickichou préféré. En clair, il est parfait (ou presque) pour toute personne voulant découvrir ou redécouvrir les mythes des Dieux grecs en douceur et sans prise de tête avec une bonne dose de rires (sourires au pire) garantis !

Mon avis est peut être biaisé (c’est possible après tout, jusqu’à maintenant, j’ai TOUT adoré de cet auteur) mais ce livre est pour moi une perle rare. Il s’inscrit bien dans l’univers Riordanesque créé lors de la saga Percy Jackson. Ici, plus d’Amérique ni même de Grèce, juste l’Olympe, domaine des Dieux. À aucun moment il n’en n’est fait une description précise (après tout, ce n’est pas une histoire mais des mythes, les petits détails, on s’en fiche un peu) mais l’implantation y est omniprésente et en permet une imagination individuelle. Le fait de faire raconter ces vieux mythes poussiéreux par un ado moderne très imprégné par cet univers les rend vraiment plus abordables (je vous défie de lire la Théogonie d’Hésiode, vous préfèrerez cette version, je vous assure). Cette manière de raconter les choses est vraiment imprégnée dans le XXIe siècle de par quelques détails futiles mais qui rendent cette mythologie moderne. La modernité est donc transmise par la plume de l’auteur, toujours aussi acérée et pleine d’humour, que ce soit dans les diverses remarques de Percy comme Hermès qui a été promu Dieu des hamburger ou ses interpellations à notre encontre, nous lecteurs (juste le premier chapitre individuel (celui sur Zeus) est vraiment génial). La diversité est également présente de par les nombreux thèmes abordés. Même lors de la création du monde, beaucoup de pas chassés ont été effectués afin de mettre en valeur chaque « personnage » par une petite histoire propre. Lors des chapitres individuels aux divinités, leur origine est bien entendue abordée (normal quoi, d’où ils viennent tous ces gens puissant ?) mais également les divers mythes relatés à ces divinités et aussi de certains mortels ayant demandé (ou non, comme souvent) une action de la divinité en question (le plus souvent des histoires de sexe, ou de vengeance qui finissent presque toujours mal). D’ailleurs, ces divinité sont dépeintes d’une telle manière qu’elles en deviennent presque humaines, surtout lors d’épisodes où ils descendent sur la Terre parmi les mortels. Dans leur volonté de passer inaperçu, leurs péripéties se rapprochent alors de celles subies par les demis-dieux (que l’on rencontre en bon nombre dans cet ouvrage) et c’est super agréable de les voir enfin se salir quelque peu les mains. La cerise sur le gâteau se trouvant bien entendu dans le fait que ces actions sont commentées « en temps réel » par un sang-mêlé habitué à ces actions. Et c’est ce qui rend cet ouvrage parfaitement original et attrayant. 

Bref, des mythes revus avec humour et décalage


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